SNCF, à vous de nous faire préférer l'avion !
Par Pierre le samedi 18 novembre 2006, 12:54 - Réflexions diverses - Lien permanent
C'est bien la peine de faire un Ecocomparateur...
... si au final la note s'en retrouve plus salée... ?
Qu'auriez vous fait à ma place, alors que je souhaitais faire un Aller/Retour à Aix en Provence pour le réveillon du Nouvel an ?
- Paris - Aix en Provence TGV en TGV 2eme classe (Soit 3h avec les genoux dans le siège de devant) : Environ 150 Euros Aller/retour
- Paris - Marseille Provence avec Air France (Environ 3h de trajet total également, mais seulement 1h15 avec les genoux dans le siège de devant et une pauvre boisson en sus ! lol) : Environ 100 Euros Aller/Retour
Ben croyez moi, le choix a été vite fait ! lol J'en suis fort marri pour notre petite planète... Mais c'est comme ça ! C'est bien gentil de la part de la SNCF de nous sensibiliser à la réduction des effets de serre... mais dans ce cas... il faudrait peut être faire le nécessaire aussi au niveau du prix de la place de train.... Et puis comme ça je vais créditer quelques miles sur ma toute nouvelle carte Flying Blue ! 
Commentaires
Tempête sur la SNCF
Vendredi 8 décembre 2006
Je viens de terminer mes cours et je rentre chez moi par le train et le métro. On me dit souvent que je pourrai être décoré par la SNCF car chacun de mes voyages dure près de 2 heures. J'ai ainsi acquis une grande habitude des "petites perturbations" hebdomadaires qui apportent une pincée d'imprévus à la routine des rails et suis plutôt complaisant quant aux raisons invoquées par le haut-parleur pour tenter d'excuser le retard ou la suppression de mon train...
Aujoud'hui, la tempête est sans doute la vraie responsable de l'arrêt définitif de mon train en gare d'Ermont. Le tout dans un climat de grêve de personnels sur le RER de la ligne C. J'habite près de Montigny-Beauchamp, il me reste une dizaine de kilomètres à faire.
Heureusement, le haut-parleur nous annonce qu'un service de cars est mis à la disposition des voyageurs pour desservir les dernières stations. Je rassure des voyageurs inhabitués et qui semblent égarés et me retrouve sur la place de la gare, moi-même perdu au sein d'une foule de personnes qui bravent la pluie et le vent pour trouver le car salvateur. Des cars sont là en effet, mais il s'agit des services dits "réguliers" qui ne sont pas concernés par notre problème. Nous courons d'une portière à une autre en quête d'un renseignement. Au bout de 30 minutes d'attente, un car arrive enfin spécialement pour nous. Bien évidement, il est pris d'assaut par la moitié des voyageurs et démarre bondé en laissant sur la place l'autre moitié.
On se renseigne : justement, quatre préposés SNCF sont là, près de la gare et discutent. Je tente de demander où se trouve le car qui doit remplacer le train. La réponse est si vague que je e demande si la "dame en bleu" est au courant du problème... Après quelques explications et échanges infructueux, elle me dit :
- c'est quand même grâce à nous que nous mettons à votre disposition un car de remplacement. C'est quand même nous (SNCF !) qui payons !
A cet instant, les mots me manquent : je lui montre mon ticket :
- Mais j'ai payé ma place ! Et comment est-ce que je fais pour rentrer chez moi ?
- bien sûr, c'est notre faute si une caténaire est tombée sur la voie... vous n'aviez qu'à monter dans le car.
-...
Je rejoins le groupe des autres clients, sans bien comprendre ce qui m'arrive, au milieu de la place pour attendre la suite, avec les autres. Le temps passe, le vent et la pluie, en revanche, redoublent. Encore une autre demi-heure. On en déduit qu'il n'y aura pas d'autre car.
Je retourne à la gare. Les quatre préposés qui sont censés renseigner les clients bavardent toujours entre eux. Je m'adresse à celle qui s'était déjà distinguée par sa courtoisie hautaine :
- Alors, ce car... Il vient ?
Elle refuse maintenant de me parler, je suis devenu transparent : elle ne me voit pas. La colère commence à remplacer sérieusement mon impatience. Puisque personne ne peut me rapatrier chez moi, je vais donc au guichet pour exprimer mon mécontentement et demander le remboursement de mon ticket. C'est juste pour marquer le coup, puisque je ne suis pas à quelques euros près. La préposée observe mon ticket :
- on ne peut pas vous rembourser car ce billet a déjà été oblitéré puisque vous avez déjà fait une partie de votre voyage.
- dans ce cas, vous allez entendre parler de moi, je vais écrire un article sur ce qui vient de se passer !
Alors, avant de sortir de la gare, calmement mais ostensiblement et avec mon téléphone, je prends en photo la dame en bleu qui était devenue muette. Du coup, c'est soudain la panique dans la gare ! Elle retrouve brusquement la parole (je suis rassuré) et se met à crier :
- vous n'avez pas le droit... et le droit à l'image... on va appeler la police...
La caissière sort de sa caisse tandis que je quitte calmement la gare pour rentrer chez moi, à pieds. J'en profite pour téléphoner à mon épouse.
Mais voilà que je suis poursuivi ! Les deux agent(e)s me menacent en criant et téléphonent chacune de leur côté (!) à la police. Avec mon sac en bout de bras, je prends le trajet du retour sans me retourner tandis que l'on continue de me menacer...
- comme ça, j'aurai votre adresse ! Vous allez voir... on appelle la police.
Une triste vision me traverse alors : je commence enfin à comprendre les motivations ravageuses qui animent les tagueurs et casseurs en tout genre qui dévalorisent un peu plus chaque jour notre outil de transport.
Soudain, alors que je viens de parcourir mes premiers cent mètres, deux voitures de police m'entourent. Des agents sautent des véhicules avant même l'arrêt, dans un bruit de freins et de roues qui patinent : je suis devenu l'ennemi public N°1 !
note à l'attention du réalisateur : on ajoutera ici la scène du porte-voix "couchez-vous, vous êtes cerné, jetez vos armes, etc.".
On me demande mes papiers et des explications sur l'effroyable scandale dont je suis responsable. Finalement, je dois effacer les photos (illisibles, par ailleurs) de mon téléphone. On me fait la morale gentiment, mais, de fait, je n'ai guère l'allure d'un malfaiteur...
Puis en m'adressant à l'un des policiers :
- Et cela ne vous dérange pas de venir à quatre et avec deux voitures pour vérifier les photos de mon téléphone ?
- Nous serions venus à 25 si nous avions pu !
- Je ne comprends toujours pas. Je suis obligé de rentrer à pieds alors que je viens de payer mon voyage. Je pense être resté courtois envers ces personnes qui refusent de me renseigner sur l'éventualité d'un autre car de remplacement et c'est mon identité qu'on vient vérifier ! Un cauchemar ?
- Vous n'avez pas le droit de prendre les personnes en photo (1).
- Et pour mon ticket ?
Question restée sans réponse, les forces de l'ordre étant déjà reparties vers d'autres aventures.
J'ai soigneusement évité de leur demander de me raccompagner...
Une intervention menée avec diligence a ainsi permis de transformer un méchant forcené en un vieux prof qui voulait simplement rentrer chez lui.
Venant de Paris, je suis donc rentré chez moi après 4 heures d'un voyage mouvementé... trempé et transi, déçu de n'avoir pu être remboursé de mon ticket, mais fier d'avoir pu mettre une fois encore en évidence l'efficacité des services publics de la Nation.
Malheureusement, l'expérience m'avait déjà montré que lorsque qu'on se fait racketter et menacer d'un couteau (dans cette même gare), aucune suite n'a jamais pu être donnée, malgré mes efforts auprès des commissariats d'Ermont, puis de Taverny...
Le vrai héros de l'histoire, c'est mon épouse qui est venue me chercher en voiture.
Dommage pour la dame en bleu qui n'aura pas sa photo dans le journal !
(1) rappel des textes liés à l’utilisation illégale ou irrégulière de l’image : "L’usage, sans son autorisation, de l’image d’une personne dans le cadre de sa vie privée peut donc entraîner la mise en cause de la responsabilité de l’utilisateur". Ce n'est donc pas la prise de vues qui est mentionnée par la loi, mais l'utilisation des images. De plus, les textes s'appliquent à la vie privée et non professionnelle.
C'est bien tout ça... mais je vois pas trop le rapport avec mon histoire !
M'enfin, c'est pas grave, ça va partir en débat sans fin et ça va faire de la lecture à mes fidèles lecteurs !